Être femme !

Il y a des moments dans la vie d’une femme qui sont plus compliqués que les autres. Ce que nous vivons au quotidien, nous n’en parlons pas. En 28 jours, une femme passe par tellement de choses. Mais il faut rester constante, coûte que coûte ! C’est comme ça !

Dès l’adolescence, on empêche la jeune fille d’apprendre à connaître son corps et ses ressentis. On lui donne rapidement des hormones artificielles pour qu’elle ne ressente plus ces variations à l’intérieur d’elle. Et des années plus tard, la jeune femme ne connait pas son corps, et ne peut pas composer avec ce qui s’y passe. Pire, ces hormones artificielles étouffent la femme. Je ne me souviens pas qu’on m’ait un jour parlé des effets de la pilule sur ma libido, ma féminité, mon corps, mes humeurs. Non, toutes les jeunes filles prennent la pilule ! Je dois la prendre aussi ! Si tout le monde le fait, c’est que c’est ce qu’il faut faire !

Ma vie a changé le jour où j’ai décidé de ne plus être un mouton. Mon corps ne voulait plus de ces hormones dont il était bombardé depuis plus de 15 ans. Basta ! Et je suis enfin devenue femme, avec ses moments de joie, de doutes, de mauvaise humeur, d’envies … le cycle de la vie en somme. Ce n’est pas la solution de facilité, c’est sûr. Mais je pense qu’une femme ne peut être elle-même que dans ces conditions.

Lorsque ce cycle est perturbé par les choses de la vie, ça se complique. Car tout ce qui se passe autour du cycle de la femme est tabou. Avez-vous déjà ressenti ce malaise lorsque vous osez parler à une autre femme de vos règles, et qu’un homme entend la conversation? J’avoue, parfois ça me fait rire de jouer avec ce malaise. Ça doit être mon côté pervers :-p

Je pense sincèrement que tous ces mystères n’aident pas. On se sent bien seule parfois face à ce qui peut nous arriver.

Je suis passée dernièrement par des moments compliqués. Mais tous ces tabous avec lesquels j’ai grandi m’empêchent encore d’en parler. J’essaye de passer au-dessus, mais c’est difficile de faire autrement que ce qu’on m’a toujours appris. Je suis pourtant convaincue que si nous parlions plus ouvertement, ce serait bénéfique. Je pense que je me sentirais moins seule aujourd’hui. Que toutes les femmes qui vivent ces choses se sentiraient moins seules. Il faut briser ce silence. Je me lance.

Quand une femme découvre qu’elle est enceinte, la machine à mystères et secrets se met en route : surtout, il ne faut rien dire à personne. Tant qu’il y a un risque de fausse couche, il ne faut pas en parler. Et commencent alors les machinations et stratégies pour tenter de cacher à tout prix ce qui vous arrive. Et pourtant, ce n’est pas le moment le plus facile.

Certaines femmes passent au travers les 3 premiers mois de grossesse facilement. Elles sont juste un peu plus fatiguées que d’habitude. Pour moi, ce ne fut pas le cas. Ces premières semaines furent un enfer ! L’euphorie de la nouvelle a vite fait place à la difficulté de paraître « normale » aux yeux de mes amis et de ma famille, alors que rien n’allait bien dans mon corps. Bonjour les nausées, l’épuisement, les humeurs … et les doutes.

Je dois vous expliquer le contexte. Jusqu’à présent, je ne voulais pas avoir d’enfant. Je pensais que je n’étais pas faite pour ça. Je ne me sentais pas capable d’élever un enfant. C’est peut-être mon côté perfectionniste qui veut ça. J’ai tellement peur de mal faire. Après ma rencontre avec mon compagnon, j’ai remis cette certitude en question. Et si, au final, il me fallait juste la bonne personne, celle qui me rassurerait sur ma capacité à élever un enfant? Un jour, ma meilleure amie m’a dit quelque chose qui a fait tellement écho en moi … « Tu ne crois pas que tu réfléchis de trop? Et si tu vivais un peu? » Et elle avait tellement raison !

Lorsque j’ai annoncé à mon compagnon que j’étais d’accord pour qu’on essaye d’avoir un enfant, je crois que j’en ai fait l’homme le plus heureux de la terre. Ce que nous ne savions pas, c’est que j’étais déjà enceinte. Mon corps a été plus rapide que ma tête.

Après quelques semaines, je ne tenais plus. J’ai décidé d’en parler à mes amis les plus proches et à ma famille. Et je suis contente aujourd’hui de l’avoir fait. Je pouvais profiter de leurs expériences, et avoir les bons conseils pour « supporter » les effets secondaires de la grossesse.

Lors de mon premier rendez-vous avec le gynécologue, j’ai vu le cœur du bébé battre. Je crois que je suis devenue maman ce jour-là, malgré les doutes et les incertitudes. Un doute subsistait quant à la date de conception et de terme. Nous avons donc programmé une nouvelles échographie de contrôle 2 semaines plus tard. C’est lors de cette échographie que tout a basculé … le cœur du bébé s’était arrêté de battre … il n’y avait plus de bébé … J’étais à 10 semaines, c’était il y a 3 semaines.

Dans ces moments là, il faut être forte. C’est ce qu’on attend de vous. Et ces 21 derniers jours furent les plus compliqués de ma vie. L’attente, la peur, les douleurs, … Mais nous ne sommes pas sensés en parler. Ben oui, souvenez-vous, personne ne sait … Et donc on fait comme si de rien n’était, et on souffre en silence.

Que je suis contente de ne pas avoir respecté ce silence. Sans le soutient de ma famille, de mes amis proches, et de mon compagnon évidemment, je ne sais pas comment j’aurais pu gérer cela. Est-ce une si bonne idée de ne pas partager les moments plus difficiles de notre vie? N’est ce pas cela qui fait de la fausse couche un si grand tabou? Une grossesse sur cinq n’arrive pas à son terme. La plupart des femmes vivent cela au moins une fois dans leur vie. Alors pourquoi n’en parlons-nous pas?

Merci à toutes ces personnes qui sont à mes côtés, et qui me font tellement de bien! Ça ira, je le sais. Je dois juste laisser les émotions sortir, et ne pas avoir peur de les assumer. Et si un jour vous ressentez le besoin d’en parler, faites le. Ne restez pas seule. Et si vous n’avez pas le courage d’en parler à vos proches, il parait que je suis une bonne oreille pour écouter.

La vie est faite de rires, de pleurs, d’émotions, de joies, de peines, … Vivons avec toutes ces choses, et assumons les ! C’était la pensée du jour.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. dvanderweyen dit :

    Chère Audergrezienne, quelle sagesse ! Nous devrions pouvoir échanger nos joies, nos peines et toutes nos émotions sans aucune gêne si nous en ressentons le besoin, c est bien vrai ! Même si je ne fut pas de celles avec qui tu avais partagée cette bonne nouvelle, si tu en ressens l envie j écouterais ta peine et tes nouveaux projets avec attention et empathie. Je n ai nul doute que tu feras une maman sensationnelle !!! ❤ cœur paillettes et moulte bisous. DV

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    1. Merciiiii ❤ ❤ ❤

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